22/06/2010

Le fabuleux destin du Major Hirst

Et si...

Né en mars 1916 en Angleterre, Yvan Hirst étudia à l’université de Manchester et travailla un temps dans la fabrique familiale d’instruments optique.

Durant la guerre il fut mobilisé et affecté dans un groupe d’entretien et de réparation de blindés. Il y découvrit un intérêt certain pour la mécanique. Lorsqu’en 1940 la France tomba, il fut évacué vers l’Angleterre via Dunkirke.

Après le débarquement de Normandie en ‘45, il fut nommé à la tête d’un bataillon du « Royal Electrical and Mechanical Engineers » à Bruxelles. En août il fut transféré dans la citée du travail dans la joie, dans une usine où des déportés et autres prisonniers travaillaient de force, entre Berlin et Hanover. Libérée par les américains elle fut cédée aux anglais et rebaptisée Wolfsburg.

Durant la dernière partie de la guerre, avant d’être bombardée, l’usine abrita une chaine de montage de missiles V1 où 15.000 prisonniers travaillaient.

Le Major Hirst fut nommé responsable du site sous tutelle anglaise où il devait développer un centre d’entretien de véhicules militaires. Il utilisa un temps la main-d’œuvre restée sur place pour dégager les décombres avant de les renvoyer dans leurs foyers. Pendant ce temps, il voyait le Col.McEvoy circuler à bord d’une des rares KDF restées sur place. Elle datait de 1938 et était repeinte dans le vert kaki des forces anglaises.

Le Major et le Colonel réunirent leurs efforts afin de convaincre leur hiérarchie de relancer la production afin de combler le manque de véhicules légers sur place. La KDF d’Hitler était à l’époque fort peu appréciée, à la limite, détestée. Elle était jugée par ses détracteurs comme ayant « un petit potentiel et qu’elle ne possédait pas les caractéristiques techniques fondamentales requises pour une automobile ». Les deux officiers parvinrent grâce à leur persévérance à persuader le commandement anglais de leur confier la production de quelques 20.000 unité destinées aux troupes et officiers de la coalition casernées en Allemagne.

Sans cette commande, la chaine de montage aurait été démantelée et l’usine aurait sans doute fermé ses portes définitivement. Le Major Hirst dû toutefois ruser afin d’obtenir suffisamment d’acier, en ces temps difficiles, afin de mener son projet à bien.

En 1946, il y avait à Wolfsburg 8.000 ouvriers qui produisaient 1.000 Volkswagen par mois.

En janvier 1949, le Major Hirst fut succédé par Heinrich Nordorff pour diriger la compagnie, ce qu’il fit jusqu’en 1968.

Le Major quitta l’entreprise en août ’49 quand la compagnie fut cédée au nouveau gouvernement West Allemand. Heinrich Nordorff dit un jour « L’ironie de l’Histoire c’est que le rêve d’Hitler fut réalisé par des forces d’occupation ! »

Après avoir quitté l’armée, Ivan Hirst travailla à Paris jusqu’en 1975 pour un organisme aidant à la coopération et au développement.

Il n’eut pas d’enfants et mourut, il y a 10 ans, à 84 ans le 15 mars 2000.

Modestement il aimait à dire que « si cela n’avait été lui, s’aurait été un autre »

Ah, pas si sur !

 


11:29 Écrit par Mike dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : video, oldies |  Facebook |

Commentaires

..un grand homme... ..et un belle hommage...

Écrit par : yo | 22/06/2010

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